Oral Poitiers 2015 : le témoignage d'Hannah

Oral Poitiers 2015 : le témoignage d'Hannah

On continue avec l'oral de Poitiers 2015, sous la plume d'Hannah !
 

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  • La dictée

Le matin, nous passons la dictée : les erreurs qui nous menacent sont davantage des fautes d’accord que d’orthographe, les mots n’étant pas trop complexes et atypiques. De plus, le texte est dicté avec lenteur, nous avons largement le temps d’écrire. Pendant l’appel, on peut se permettre de compter le nombre total de candidats dans l’amphithéâtre regroupant tous les admissibles. Cette année, nous n’étions que 45 sur 90 admissibles ! Il y avait donc une chance sur deux d’être admis, ça rebooste !

 

  • L'entretien de motivation

Ensuite, l’après-midi, l’oral. L’attente à Poitiers est plutôt agréable : les candidats de l’après-midi sont réunis dans une salle de classe, on est assis, on discute, on a des tables... Deux étudiantes en orthophonie de Poitiers sont là pour nous motiver et nous rassurer ! Les jurés viennent nous chercher quand c’est notre tour. Arrive une dame très gentille qui appelle mon nom. Je me lève, jambes tremblantes, suant toute l’eau de mon corps (si, si), et sans doute pâle à faire peur. Sur le chemin vers la salle, la dame me dit en souriant « détendez-vous ». Je réponds d’un ton raide et tremblant que je suis parfaitement calme et détendue mais c’est si peu convaincant qu’elle se met à rire. Je peux abandonner la carte de l’impassibilité et de la détente.

J’arrive alors devant un jury constitué de trois femmes : la professeure d’anglais de la promotion, une psychologue, et une orthophoniste. Elles me disent de m’asseoir et de me présenter. J’ai dix minutes. Morte de stress, je commence par ma courte présentation : nom, âge, ville, bac S en terminale, prepa ortho à Limayrac cette année, le nom de mes hobbys…

Et là je bloque. Je ne sais plus quoi dire. Je dis alors aux jurés avec un sourire gêné : « Laissez-moi le temps de me ressaisir… ». Les jurées, bienveillantes, acquiescent. Mais ça ne vient pas. La femme du milieu tente gentiment de m’aider : « et donc vous habitez toulouse ? Avec vos parents ? ». Je réponds « oui ». La bienveillance de la jurée me remet d’aplomb et je poursuis : j’annonce que je vais d’abord parler de mes qualités et défauts : je commence par ma polyvalence de par mes nombreux centres d’intérêts. Ça me permet alors de présenter en détail ces derniers : lecture, écriture (roman, histoire de vie, fantastique, bandes dessinées, etc.), dessin (aquarelle, pastel, etc.), tennis, théâtre, etc. J’enchaîne ensuite avec les qualités que je développe et justifie à chaque fois : patience affinée lorsque j’ai commencé à garder mon petit frère dès ses cinq ans, créativité grâce au dessin etc. Quant aux défauts, je prends bien garde de les nuancer à chaque fois : impulsivité (seulement avec les proches), exigence (seulement envers moi-même…).

J’achève ensuite sur mon parcours, de la filière S en passant par mon stage chez une orthophoniste, et deux autres rencontres avec des orthophonistes, jusqu’à l’obtention de l’oral de Poitiers. Je développe chaque fois pour combler les dix minutes. J’achève ainsi cette présentation : « Et c’est pourquoi je me retrouve devant vous aujourd’hui ».
Dès que j’ai fini, les poitevines se regardent entre elles, embêtées : pas trop d’idée de questions étant donné que j’ai tout développé. Elles me demandent alors en quoi le dessin pourrait m’aider dans la rééducation (je réponds que ça captivait les enfants durant mon stage, je mentionne le livre sur l’orthophoniste Philippe Van Eeckhout où il rééduque un patient aphasique par le dessin…), pourquoi ai-je pu garder mon petit frère dès l’âge de cinq ans (« ç’a été le moment où j’ai obtenu la permission maternelle », répondis-je. L’humour est assez bien reçu !), pourquoi n’ai-je pas choisi un autre métier dans le paramédical, etc. Je prends bien garde de rester souriante, d'articuler et de parler lentement (ayant tendance à parler vite lorsque je suis passionnée), et surtout, de regarder toutes les jurées, sans focaliser sur un point fixe, même si c’est rassurant et moins déstabilisant !!

Au bout de quelques questions, elles se regardent, souriantes et gênées. « Tu as d’autres questions ? », « Ah non moi c’est bon… »… Elles me demandent alors si je veux rajouter quelque chose. Je dis que je suis très motivée pour faire orthophoniste, sortant mes motivations, et ajoutant que je suis prête à m’investir cinq ans pour parvenir à cet objectif… Elles me remercient et me disent que je peux m’en aller. Jambes flageolantes, des auréoles de la taille du brésil (car en plus, il faut en permanence ignorer son métabolisme et ses glandes sudoripares en mode de survie), je les remercie et sors.

 

  • Conclusion

Cet entretien était de loin le plus agréable que j’ai passé (malgré des suées vertigineuses et un stress perfide) : les jurées étaient très souriantes, attentives et surtout bienveillantes ! Le but n’est pas de nous enfoncer mais de nous découvrir ! On sent qu’elles sont vraiment intéressées par ce que l’on raconte, par nous, qu’elles veulent savoir qui nous sommes et nous connaître le mieux possible. Cet entretien sans exercice technique est entièrement centré sur le candidat, sa personnalité et sa motivation !

Malgré mes bonnes impressions, suite à cet oral, j'ai préféré attendre les résultats pour me prononcer. Le peu de questions de la part des jurées m’avait inquiétée. Mais il s’est révélé que c’était parce que je m'était bien présentée, en élaborant suffisamment, durant ces dix minutes car le 30 juin, les résultats furent sans équivoque: cinquième sur liste principale avec 18,75 à l’oral !!

 

  • Le mot de la fin

Je tiens à ajouter que votre classement à l’écrit importe peu durant cette épreuve ! J’étais avant-dernière de la liste d’admissibilité et j’ai fini cinquième sur la liste d’admission !

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