Double filière licence et préparation du concours à la fac

Double filière licence et préparation du concours à la fac

Pour celles et ceux qui se questionnent au sujet des universités offrant des parcours de type licence + préparation du concours, voici le témoignage de Marie, qui vous partage des informations précieuses et bien détaillées ! Bonne lecture à tous !

 

Quel a été ton cursus avant de commencer ?

 

Avant de commencer ma préparation au concours, j'ai fait un bac S spé SVT. Ensuite j'ai intégré la double filière licence psychologie/prépa concours ortho à l'Université Catholique de Lyon. A l'issue de la première année, je n'ai eu aucun concours, j'ai toutefois validé ma L1 Psycho. Je me suis finalement réorientée vers la licence Humanités parcours Etudes et Pratique du Français (EPF) de l'université Paul Valéry à Montpellier. Attention, il y a 2 parcours EPF dans cette université : celui de la licence Humanités et celui de la licence Sciences du langage. Je ne vais parler que de celui Humanités, car c'est celui que je fais.

 

Qu'est-ce qui t'a amenée à choisir ce parcours ?

 

Dès la sortie du bac j'ai choisi de m'orienter vers une double filière préparant au concours. Ce choix est dû tout d'abord au coût d'une prépa : je n'arrivais pas à savoir quelles prépas étaient satisfaisantes et lesquelles ne l'étaient pas. Je ne voulais alors pas « investir » 3,4 ou 5 000€ dans une prépa privée qui ne me garantirait rien en cas d’échec au concours. C'est ce qui m'a poussée aussi vers le choix de ces doubles cursus : le fait de pouvoir valider une licence si je n'avais pas de concours.

Est-il facile d'intégrer ce programme ? Quels sont les critères pour être reçu ?

Pour intégrer la double filière de l'UCLy, j'ai dû envoyer un CV et une lettre de motivation en plus de la procédure APB (Admission Post Bac). Nous étions environ 30, je ne connais pas le nombre de demandes, mais je pense qu'il y a quand même une sélection. Pour la licence à Montpellier, j'ai candidaté via APB même si j'étais à bac+1, j'ai aussi dû envoyer une lettre de motivation et un CV. Nous étions environ 40 à la rentrée. Je ne connais pas le nombre de demandes ici non plus.

 

Est-ce que le coût est intéressant ?

 

L'inscription à la licence Humanités / EPF à Montpellier est celui de toute fac : pour les boursiers, c'est environ 5€. C'est très intéressant lorsque l'on compare avec le prix de prépas privées, même si ce n'est pas le même service. Au contraire, l'inscription à l'Université catholique de Lyon est payante car c'est une fac privée (sous contrat toutefois).

 

Trouves-tu que les cours pour la préparation au concours sont suffisants ?

 

Il ne faut pas compter seulement sur les cours de prépa à la fac, car les cours ne sont pas suffisants si l'on ne travaille pas le concours en plus des heures de cours. Il faut un travail personnel soutenu, et même si les profs ne donnent pas concrètement de devoirs, il faut apprendre à travailler par soi-même. C'est d'ailleurs le principe de la fac : se servir de cours comme support tout en sachant les approfondir et les travailler en dehors des heures de cours.

 

Comment l'horaire est-il réparti ?

 

Les cours de prépa et de licence sont mélangés : il n'y a pas de journées entièrement consacrées à la licence ou à la préparation du concours. Cela ne m'a pas dérangée, au contraire : je pense que parfois, en sortant d'un cours de prépa, on a besoin de sortir du cercle « concours » et de s'ouvrir à autre chose. Un cours de licence peut faire du bien à ce moment-là ! Les cours de prépa sont un peu moins nombreux en termes d'heures, que ceux de licence. Cependant la plupart des cours de licence sont un gros avantage pour la culture générale : par exemple, le cours d'Histoire littéraire apporte beaucoup de connaissances. L'emploi du temps reste quand même assez « light » : c'est la fac, il y a beaucoup de temps pour le travail personnel.

 

Pour les cours de prépa nous avons des cours de grammaire, orthographe, vocabulaire, conjugaison, d'expression écrite, de mathématiques, de tests psychotechniques, d'expression orale (au semestre 2), et de PPP (Projet professionnel personnalisé) avec notamment la rencontre d'une orthophoniste. De plus, il y a un devoir sur table (pour les matières de concours) toutes les 2 semaines et un concours blanc au cours de l'année, mutualisé avec les licences sciences du langage qui préparent aussi le concours.

 

Comment organises-tu tes révisions concours et celles pour ta licence ?

 

Pour la licence, je me contentais d'aller à tous les cours, de suivre attentivement, ensuite je révisais de temps en temps mais rien d'intensif. Pour les cours de fac je pense que 50% du travail est fait lorsqu'on va au cours et qu'on est attentif : avant les partiels je révisais, mais sans y passer mes jours et mes nuits. Il vaut mieux anticiper ses révisions car arrivé aux partiels, il peut être très long et fastidieux de réviser tout un semestre entier ! De plus, certains partiels tombent parfois en même temps (ou à quelques jours près) des concours : par exemple, certains examens de semestre 1 sont en décembre/janvier, et peuvent se dérouler la même semaine que les concours de Besançon ou Nantes...

 

Je consacrais donc presque tout mon temps aux révisions du concours : Vuibert, QCM Plus, annales ainsi que mes cours de prépa. La semaine, sur mes heures de « trous », je ne travaillais que les concours, et je gardais une demi-journée le week-end pour revoir mes cours de licence afin d'éviter une surcharge avant les partiels. Cette méthode ne marchera pas forcément pour tout le monde. À chacun de trouver son équilibre entre les cours de fac et de prépa... !

 

Pour quelqu'un qui déciderait finalement de poursuivre en licence et de ne pas continuer les concours, qu'est-ce que ce parcours donne comme ouvertures par la suite ?

 

Dans ma classe, dès la L1, certains préparent les concours d'ortho, mais d'autres sont là pour le métier de professeur des écoles, car les cours que nous avons peuvent aussi bien commencer à préparer au CRPE. Avec les cours de PPP, beaucoup se sont rendu compte dès les premières semaines que leur vision de l'orthophonie n'était pas la bonne et décident de changer d'orientation professionnelle. Certains peuvent alors se tourner vers d'autres concours : masters MEEF, métier de professeur des écoles, ou d'enseignant plus généralement (CAPES ou autre). Sinon, cela peut aussi déboucher vers des masters Lettres Modernes ou Lettres Classiques. La licence reste assez générale et peut aussi servir à préparer des concours administratifs.

 

Y a t-il des aménagements possibles pour terminer la licence, une fois qu'on intègre l'école d'orthophonie ?

 

Je ne me suis pas renseignée sur ce sujet, je me suis toujours dit que si j'avais un concours, j'arrêterais ma licence pour me consacrer entièrement à l'école d'orthophonie. Je pense qu'il faut voir les aménagements possibles avec l'école d'orthophonie et avec le secrétariat de la licence.

 

Quels sont les avantages de ce parcours ?

 

Selon moi le premier avantage est l'autonomie : on peut travailler comme on veut, faire sa propre organisation, gérer ses méthodes de travail et son emploi du temps. De plus il n'y a aucune pression mise aux élèves : les professeurs sont bienveillants et disponibles, toujours à l'écoute de nos questions. Il n'y a pas non plus de compétition entre les élèves.

 

Aussi, le parcours lié à une licence permet de ne pas se retrouver sans rien à la fin de l'année : en cas d’échec aux concours, on peut quand même se dire « j'ai réussi quelque chose, j'ai ma L1 et je vais passer en L2 » : il y a une progression dans notre travail et une récompense.

 

Le côté littéraire de cette licence apporte aussi beaucoup au niveau de la rédaction et de l'expression écrite : les partiels sont souvent à rédiger dans un bon français, sans faute, avec une bonne syntaxe. De plus, la lecture de différents livres obligatoires durant l'année permet d'acquérir des références littéraires et de découvrir du vocabulaire de façon plus « ludique ».

 

De façon générale je pense qu'il faut voir les enseignements de la fac comme une ouverture d'esprit et une façon d’augmenter ses connaissances en culture générale.

 

Quels sont ses inconvénients ?

 

L'autonomie que demande la fac peut aussi être un point négatif pour certains. Il faut apprendre à s'organiser, à travailler seul et surtout à se motiver et à le rester tout au long de l'année. Pour la préparation au concours, plus particulièrement, il faut savoir s'auto-évaluer. Même s'il y a des notes et des commentaires des profs, il faut arriver à pointer ses points faibles et savoir les travailler seul.

 

Un autre inconvénient survient également en période de concours : il faut arriver à se rendre sur le lieu des concours en manquant le moins de cours possibles, surtout en période de partiels.

Le plus difficile est d'arriver à gérer le stress des concours en plus du stress des partiels. Cela demande aussi beaucoup d'organisation.

 

Conseillerais-tu ce parcours à d'autres étudiants ?

 

Je conseillerais ce parcours à des étudiants qui ont déjà une connaissance des concours et du travail demandé. Cette licence peut aussi être un bon compromis pour des élèves qui ont déjà préparé les concours et qui ont juste besoin de garder un « fil » scolaire dans leur préparation aux concours tout en ayant la possibilité de valider une licence en parallèle.

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