Le témoignage d'une autre Léna

Le témoignage d'une autre Léna

Le parcours et l’organisation de Lena sont épatants ! Son projet de devenir orthophoniste s’est bâti au fil de tout un parcours universitaire. Après maintes réflexions et rencontres avec des orthophonistes, Lena a choisi de se lancer dans la préparation du concours sans passer par la case « Prépa ». C’est donc chez elle qu’elle a planifié tout un horaire de travail, dénichant bons livres et références utiles qu’elle vous livre généreusement dans son témoignage. À lire absolument !

 

Son parcours

 

Mon parcours scolaire a été quelque peu chaotique. Je suis sortie d’un bac scientifique, spécialité SVT et option cinéma Audio-Visuel. Je n’avais pas de profil particulier. J’étais considérée comme « bonne » dans les matières littéraires, et comme une catastrophe en physique. Néanmoins, la biologie et les mathématiques m’intéressaient beaucoup. Après le bac s’est posée la question habituelle : « Que vais-je faire de ma vie ? ». Question difficile. Je me suis hasardée dans un BTS en Economie Sociale et familiale (pour son aspect social) qui m’a permis de rencontrer lors d’un stage, une orthophoniste. Son domaine d’étude (l’approche scientifique du langage) m’a tout de suite plu, et j’ai effectué trois ans en Sciences du Langage à Bordeaux puis à Nantes. Cette licence a été extraordinaire à mes yeux, je trouvais enfin la voie dans laquelle je m’épanouissais complètement.

 

J’ai alors recherché les métiers en lien avec les cours que j’appréciais particulièrement (comme la psycholinguistique, où l’on aborde le développement du langage et les dysfonctionnements possibles) et l’orthophonie s’est imposée naturellement.

 

J’ai rencontré plusieurs personnes exerçant ce métier : des orthophonistes utilisant le chant, la psychomotricité, le bien-être, ne travaillant qu’avec des enfants, des adultes, voire des personnes âgées… Je conseille vivement de multiplier ces rencontres, qui permettent d’avoir une première approche du métier et de conforter son choix professionnel (et accessoirement, si vous franchissez la barrière de l’écrit, cela illustre votre motivation ^^). Alors oui, beaucoup d’orthophonistes n’ont pas le temps de placer ce genre de rendez-vous, et vous essuierez beaucoup de refus, mais ça vaut le coup ! (Au passage, pensez à demander un bilan orthophonique voire deux !)

 

En troisième année de linguistique, j’ai tenté les concours de Lille et de Caen. J’ai mis le nez dans les annales, tout en privilégiant la faculté (j’ai du mal à être à fond sur deux choses en même temps..). Je ne pensais pas être au niveau des autres candidats, et mon but était donc de passer les concours pour me situer, tout en ayant un dossier universitaire béton pour être intégrée en master de dysfonctionnement langagier. Les résultats sont tombés, je n’ai pas été admissible, mais je n’étais pas trop déçue. J’avais un bon classement, c’était faisable, et j’étais plus motivée que jamais !

 

Une seule année de préparation... à la maison !

 

S’est ensuite posée la question de la préparation aux concours. Le master de mes rêves ? Impossible de préparer un concours en parallèle. Une prépa privée ? Beaucoup trop cher pour un si faible pourcentage de réussite. J’ai pris une « année sabbatique », pour préparer les concours sereinement en étant proche de ma famille, et en travaillant pendant les vacances. Je ne me sentais pas encore capable de préparer les concours seule, j’ai donc cherché une préparation en ligne proposant un suivi quotidien, afin de m’obliger à travailler régulièrement. En parallèle je me suis inscrite au site QCM+.

 

J’ai ciblé les concours orthophonie en fonction des épreuves proposées : j’ai fui les dissertations et les questions de biologies trop pointues. J’y ai préféré les tests de logique, et les résumés. J’ai donc passé Nantes (en décembre, histoire de me préparer), Caen, Paris, Lyon, Lille, Limoges, Nancy (ces deux dernières villes sans savoir réellement à quoi m’attendre..), et Amiens.

 

La recette du succès en quelques références

 

Concernant la « méthode » de préparation, il n’y a pas de recette miracle. Je conseille fortement le site QCM+ (oui, il y a des erreurs, mais c’est un site très ludique où l’on apprend rapidement, et qui est accessible financièrement). Je me suis également entourée de livres : beaucoup retraçant les annales corrigées, mais surtout le Vuibert Français (Vocabulaire, Grammaire, Orthographe) ainsi que le Tout en un de Masson.

 

Ses méthodes de travail

 

Je bossais de 3 à 10 h par jour, selon mon humeur et ma motivation. Je pense qu’il est plus efficace de ne travailler que deux heures en étant curieuse d’apprendre qu’une journée entière en vivant ça comme un fardeau !

 

Journée type de candidate motivée :

 

10h - 11h : Relecture des mots appris la semaine précédente

 

Je tenais un cahier avec tous les mots rencontrés dans les annales. J’ai également appris petit à petit tout le Vuibert Français (Vocabulaire, Grammaire, Orthographe).

 

Le vocabulaire présent dans ce livre tombe très régulièrement dans les concours ! Je vous conseille également le site « Un mot par jour », qui permet de voir du vocabulaire qui tombe dans les concours (il m’a aussi sauvé la vie celui-là !).

 

11h – 13h, 14h - 16h : Cours de français travaillés pas à pas et exercices associés + méthodologie

 

C’est-à-dire revoir toutes les leçons de grammaire, conjugaison, orthographe, et ce, depuis le début, même si c’est connu. Je travaillais comme dit plus haut avec le Masson et une préparation en ligne, mais il y a de nombreux livres / sites web qui sont également très bien. A chaque erreur dans un exercice du livre je reprenais tranquillement la leçon.

 

Marre des cours ?  Les exercices interactifs sur le site ccdmd.qc.ca sont très sympas, ce dernier propose également un « jeu du dictionnaire » très enrichissant et d’autres jeux pédagogiques. C’est une source vraiment chouette.

 

Un autre site excellent (québécois toujours) est celui de lecturel.com. Il propose des exercices sur l’orthographe et sur le genre des mots (très important ça !) qui varient chaque jour, mais également des dictées à corriger.

 

J’avais la chance d’avoir une prépa en ligne qui corrigeait mes épreuves de méthodologie. Même si je détestais ça, j’ai pu trouver une façon de faire qui me convenait et qui limitait la casse (cette matière n’étant pas mon point fort, comme vous l’aurez compris !).

 

16h30 – 19h00 : Culture générale – Mathématiques – Logique – Biologie

 

Pour la culture générale, j’ai fait quelques fiches (notamment sur l’actualité, les Nobels et les prix littéraires qui retombent chaque année). J’ai également fait des résumés des principaux auteurs et autres artistes grâce aux questions tombées dans les annales précédentes.

 

Mais surtout, j’ai lu (les métamorphoses d’Ovide : la mythologie, le journal : l’actualité, etc.), j’ai joué (je vous conseille l’excellent site jeux-geographiques.com pour apprendre tous les pays du monde, les capitales, les particularités de chaque pays, etc.), et j’ai fait des quizz (comme sur francequizz.com qui est chouette même s’il n’est pas très beau, ou encore le Trivial Pursuit entre amis !).

 

Le tout est d’être ouvert au monde et de rester curieux. Regarder Arte est aussi une façon de travailler ! Grâce à cette chaîne, j’ai pu définir un terme médical à l’oral de Paris, ou encore disserter sur le sujet des modifications génétiques à l’oral de Nancy !

 

Les mathématiques, la logique, la biologie, j’ai repris tout ça à partir d’annales du concours. C’est-à-dire que lorsque je n’arrivais pas un exercice, je revoyais les cours et les règles associés.

 

21h-23h : Annales

 

Je notais chaque mot inconnu ou difficile à écrire. Et je les retravaillais sans cesse, jusqu’à ce que chaque règle devienne un automatisme. Une erreur ? Je revoyais la leçon et je recommençais l’exercice. Je pense qu’il est important de connaître les annales du concours de la ville que l’on souhaite passer par cœur, sans négliger de travailler ce qui est tombé dans les autres villes.

 

Les écrits sont passés un à un, je me suis progressivement habituée à la foule et au stress des concours. J’ai eu une période à vide entre les concours, je n’arrivais plus trop à bosser, donc je refaisais les annales inlassablement de chaque ville. Les résultats sont tombés petit à petit. J’ai manqué de quelques places Caen et Amiens, et j’ai eu l’immense chance d’être admissible à Nantes, Paris, Lille, Limoges, Lyon et Nancy. Je n’y croyais pas, je ne comprenais pas, mais j’étais sincèrement heureuse.

 

Sa préparation à l’oral

 

Seulement voilà, les oraux s’approchaient à grands pas, et je ne me sentais absolument pas prête. Je ne savais pas comment me préparer, je ne savais pas quoi dire devant le jury.

 

J’ai donc acheté le Vuibert oral pour m’entraîner surtout aux questions type Paris : logatomes, les jeux de lettres et de chiffres, le vocabulaire, etc.

 

J’ai également fait le point sur mon parcours scolaire et universitaire, sur mes motivations. Il faut vraiment être au clair sur ce point, et travailler seul ou avec un proche à l’oral tous les jours est formateur. Le reste viendra tout seul le jour de l’oral : le  tout est de rester naturel, souriant, et de ne pas se laisser déstabiliser par le jury.

 

Pour les filles qui ont facilement le trac, je pense qu’il peut être judicieux de cibler les concours où le jury est le plus à l’écoute du candidat et où il n’essaye pas de le piéger, comme Lille par exemple ! Je me suis rendue à quatre concours (car la ville, l’école, et le concours de Lille m’avaient beaucoup plu, mais aussi, parce qu’il y avait des trains qui avaient sauté avec la grève…) : Lille, Nantes, Paris, et Nancy. J’ai été 19ème à Nancy et Lille, et tout en bas du classement à Paris et Nantes.

 

Je conseille donc aux candidats de choisir les concours également en fonction des épreuves orales ! Si vous êtes performant et que vous gérez votre stress devant des exercices techniques, Paris vous conviendra ! Si vous êtes très à l’aise à l’oral et que vous savez argumenter comme personne, Nantes est dans votre poche ! Si vous vous sentez proche des autres et aimez le dialogue, Lille est parfait ! Vous vous retrouvez dans ces trois descriptions ? Choisissez Nancy !

 

Evidemment, mes propos sont à nuancer, car c’est ainsi que j’ai ressenti les épreuves, et ce n’est peut-être pas le cas de tout le monde (les jurés et les exercices varient en fonction des années en plus, alors, lancez-vous !!). Et si vous avez des questions, je tâcherai d’y répondre au mieux ! J

 

Merci d’avoir lu cet énorme pavé, et bon courage à tous ceux qui se lancent dans cette éprouvante chasse aux concours !!!!

 

Son dernier conseil aux futurs candidats


Surtout, croyez en vous. Vous avez votre place, vous avez autant de capacités que les autres, et vous allez y arriver !

Grayscale © 2014 -  Hébergé par Overblog