La jeune fille à la perle

Je vais commencer par un coup de coeur littéraire.
L'an dernier, en prépa, on avait l'habitude de faire des exposés par deux, sur un peintre qu'on choisissait. Deux élèves ont présenté Vermeer.
Ce peintre flamand du XVII° (voir l'article sur ce siècle) est resté particulièrement mystérieux: on détient très peu d'éléments biographiques à son sujet, mais ses tableaux sont très célèbres, notamment cette fameuse jeune fille dont les couleurs sont rehaussées par une toute petite perle pendue à son oreille. Mais Vermeer est aussi à l'origine de l'image qu'on trouve sur les yaourts et les glaces, maintenant: la Laitière.


Voici une petite critique que j'avais faite pour un autre site et que je vous présente ici. L'exposé m'a donné envie de lire le livre (qui existe également en film). Bref, je vous le propose en guise de récréation après vos révisions du XVII°!

XVII°. Un peintre mystérieux, qui n'a laissé de lui que ses tableaux. Jan Vermeer.

Faut-il croire cette histoire? Faut-il s'y attacher? Peut-on se demander si Tracy Chevalier a su être fidèle?

A vrai dire, tout ceci importe peu. Du moment qu'on le rêve.

Une jeune fille dont la famille a vécu un drame se retrouve employée comme servante chez un peintre. Sa tache principale: nettoyer l'atelier sans laisser la moindre trace de son passage. Livrée à elle-même dans le silence de cette pièce où remontent des odeurs de peinture et d'huile et dont la luminosité tend à déborder du livre et à éblouir les yeux du lecteur, elle se laisse peu à peu gagner par les mystères de la peinture, et plus encore, par l'énigme que représente l'artiste.

Arrachée au monde de l'enfance, la voici, gravissant quatre à quatre les marches qui la mènent vers un monde bien trop adulte pour elle. Et pourtant, si son regard est encore innocent, on voit poindre sur ses mains le temps qui passe trop vite et trop rudement, les marques qui font de vous quelqu'un ou personne.

C'est l'amour douloureux qui lui tombe dessus. Cette impasse qui affole, l'espoir d'un ailleurs quand on a une adresse. La crainte de refuser ce qu'on n'obtiendra pas ailleurs, mais toujours le doute, parce que si jeune et si innocente, elle croit encore à l'amour.

Mais Tracy n'y voit pas simplement un combat contre la misère ou une aspiration à un peu plus de confort. Elle viole également les terres de l'artiste. Ce monde qui n'est ouvert à nul autre que lui. Cet univers désaffecté de l'extérieur et pourtant si prospère. Cet univers inaccessible au profane. Tracy s'y glisse, l'espace d'un instant, comme on entrouvre une porte en espérant qu'elle ne grincera pas, comme Griet jette un oeil furtif dans la chambre noire, troublée de ne pas comprendre ce qu'elle y voit.

Elle tente d'établir les frontières entre la terre et la toile, le regard du peintre et le désir de l'homme, mais aussi d'éclaircir les zones d'ombre de secrets trop bien étouffés, toujours plus profonds.

Frans n'a pas tort lorsqu'il accuse le pouvoir du plus fort. Fuir ou se soumettre sont les seules issues. Mais quand l'amour s'en mêle, que faire?

Les branches d'une étoile ne suffisent plus pour choisir la bonne route, les cerfs-volants des enfants ne décrochent plus de sourires, la faïence présage l'avenir, et l'innocence des grands yeux se perd sous une coiffe de femme.

La perle de la jeune fille ne donne pas seulement la touche finale à un tableau. Signe de la préférence, preuve d'un sentiment qui se laisse trop souvent oublier, derrière un regard gris et inexpressif, elle marque aussi les conséquences de choix maladroits, scellant les vies qui ne le devraient pas. La perle et son éclat équilibrent l'indifférence, et justifient les attentes. Mais l'heure est passée, et déjà, tout est loin.

Pourtant, dix années ne suffisent pas à oublier la douleur, à endormir ce qui n'est jamais appelé amour. Dix années ne suffisent pas, mais qu'importe?

Griet a suivi sa branche, sur les pavés de Delft, et tandis qu'elle s'éloigne à pas furtifs, sa coiffe toujours rabattue sur les oreilles, serrant fort dans ses mains ce qui lui reste de valeur, on regrette une bouche qu'elle a bien trop fermée, pour conserver une perle qu'on ne verra jamais.

Amandine 05/03/2007 09:41

Il me semble ne pas l'avoir vu ici alors, OYE  OYE BONNES GENS !Pour tout le monde, dans la catégorie "loisirs utiles", allez visiter le Louvre... sur leur site ! Hop voici le lien pour tout le monde ! http://www.louvre.fr/llv/commun/home_flash.jspJe suis de Toulouse et malgré les "quelques" bornes qui me séparent de Paris, voilà un bon moyen de (re)visiter le musée : en cliquant sur le plan on se déplace dans les salles et on se cultive tout doucement ^^Bon courage à toutes et à tous !

flora 09/02/2007 18:00

salut floriane!
deja merci pour le temps que tu consacres à nous donner de précieux tuyaux! j'espère que tu va continuer, car ca fait vraiment du bien au moral, ton site m'a vachement remotivée! ensuite je voulais savoir si tu avais des films à recomander pour la culture G? ils doit sûrement y avoir des films sur les rois ou napoléon ou autres, pourrais-tu m'éclairer? merci encore pour tout ce que tu fais!!!! 

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